À Mary-Claude

Mary-Claude Delingette
Mary-Claude Delingette

Je pense avoir connu Mary-Claude pour la préparation de l’exposition au Parlement de Bretagne. Nous étions 35, c’est beaucoup. J’étais chargé de créer l’affiche, pas simple. Je me souviens qu’elle avait eu un mot gentil et m’avait repris avec indulgence parce que j’avais écorché son nom et son prénom, j’étais déjà très fort.

Alors que chacun des membres du Collectif s’efforçait de présenter de nouvelles créations à chaque exposition, je m’étonnais de voir Mary-Claude proposer les mêmes œuvres. « Lutins Menuisiers » « Arbre Tricotier » « Tiroir d’Alice »… ont souvent eu la faveur des cimaises. Je n’avais pas compris qu’à certaines périodes, la maladie épuisait son énergie.

Parfois excusée et absente aux vernissages, d’autres fois je l’ai vu arriver radieuse, la tête enrubannée, bizarrement chapotée, une seule fois conquérante les cheveux courts. Les soirs de vernissage, en fin de repas elle plaisantait «pour moi ce sera un cognac et un cigare».

Dans son jardin de Rieux, des plantes qui font rire les oiseaux se disputaient un espace avec les orties. Elle en faisait des tisanes qui allégeaient les souffrances occasionnées par les soins. Ce devait être efficace, je ne l’ai  jamais vu démoralisée.

Ces 2 dernières années on ne s’est pas vu, mais je pense que chacun des membres du Collectif pensait fréquemment à Mary-Claude.

                                                                                     Yannick Huiban.

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